Lieux touristiques 2/2

LA TOUR SAINT JACQUES

Construite au début du 16ème siècle, elle constituait le clocher de l’église Saint-Jacques la Boucherie, qui abritait une relique de Saint-Jacques. Pourquoi cette église, détruite par les révolutionnaires en 1793, a-t-elle préservé cette tour ?

Des historiens prétendent que c’est parce qu’elle avait servi aux expériences de Pascal sur la pesanteur. Du reste, la statue de Blaise PASCAL est installée à la base de la Tour.

LA TOUR MONTPARNASSE

En 1968, André MALRAUX accordait le permis de construire ; en 1973, la construction de la plus haute tour d’Europe (210 mètres) pour un immeuble de bureaux était achevée, dans le cadre du réaménagement complet du quartier Montparnasse et du déplacement de la gare.

La polémique qui a accompagné le projet et sa réalisation fut assez proche de celle concernant la Tour Eiffel, un siècle plus tôt.

Des opposants, il y en a toujours à ce jour, puisque la destruction de la Tour est souvent suggérée. Bertrand DELANOË l’avait envisagée. En 2014 (élections municipales), Nathalie Kościuszko-Morizet allait dans le même sens.

 Compte tenu du coût de l’opération, il y a peu de chances qu’elle ait lieu, d’autant que le désamiantage serait problématique.

LE PALAIS DU LUXEMBOURG et ses jardins

Succédant à l’hôtel particulier du duc de Luxembourg, l’actuel Palais a été créé par Marie de Médicis qui s’y installa en 1625, partageant les lieux avec son fils Louis XIII.

Il connut ensuite divers propriétaires, souvent de famille royale. Bonaparte, Premier Consul y séjourna.

Le Sénat y délibère aujourd’hui, mais il n’est pas la première Assemblée à le faire. Sénat sous l’Empire, puis Chambre des Pairs sous la Restauration, toutes les « Chambres hautes » des régimes successifs y ont siégé.

LE PALAIS ROYAL

Créé par Richelieu (appelé alors Palais Cardinal), il servit de résidence à Louis XIII et à Louis XIV enfant, il fut ensuite utilisé par la branche des « Orléans ».

Depuis la 3ème République, il a été affecté à diverses administrations de l’État. Actuellement, il abrite les délibérations du Conseil d’État.

Encore une polémique sur la place de l’art contemporain accolé aux monuments historiques : les fameuses « colonnes de Buren » ont été l’objet d’une sérieuse controverse, lors de leur création, voulue par François Mitterrand et Jack LANG en 1986.

Comme pour la Pyramide du Louvre, tout cela est un peu oublié aujourd’hui. Il a bien fallu s’habituer, et l’ancien parking des conseillers d’État est devenu un terrain de jeux pour petits et grands qui se sont approprié les colonnes tronquées de Daniel BUREN.

L’ECOLE MILITAIRE

C’est Louis XV qui, sur les conseils du Maréchal de Saxe, fit construire l’École militaire, sous la direction de l’architecte Gabriel. Elle est prévue à l’origine pour « l’instruction de cinq cents jeunes gens nobles et nés sans bien ».

Elle connaîtra ensuite des utilisations moins valorisantes, servant notamment de dépôt ou de simple caserne. Mais elle a repris depuis la fin du 19ème siècle, sa fonction pédagogique.

L’École militaire abrite aujourd’hui le Centre des hautes études militaires (CHEM), l’École de Guerre, l’Institut de recherche stratégique de l’École Militaire (IRSEM) et les centres d’enseignement supérieur des trois armées (CESM, CESA, …) et de la gendarmerie, ainsi que de nombreuses autres institutions.

LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCE

A PARIS, la B.N.F. dispose de quatre sites : « Louvois-Richelieu » « Tolbiac », « l’Arsenal » et la « Bibliothèque-Musée de l’Opéra ». Les deux premiers sont les plus connus.

Mais le site historique de la Bibliothèque Richelieu lui-même, n’a plus le même prestige, depuis que la Bibliothèque du 13ème arrondissement, voulue par François MITTERRAND a vu le jour.

Il faut reconnaître que le projet architectural de Dominique PERRAULT s’est révélé être d’une saisissante originalité.

S’il est esthétiquement discutable de juxtaposer des bâtiments anciens et modernes, en revanche, la réhabilitation complète du 13ème arrondissement se prêtait à cette audace architecturale (comme d’ailleurs beaucoup d’autres immeubles de ce quartier)

LA GRANDE MOSQUÉE

Dérogeant à la loi de séparation des Églises et de l’État, une loi de 1920 (avec les mêmes signataires que la loi de 1905 !) accorde une subvention de 500 000 Francs pour la construction d’un institut musulman regroupant une mosquée, une bibliothèque et une salle d’étude et de conférences.

L’institut est inauguré le 16 juillet 1926, en présence du président Gaston Doumergue et du sultan du Maroc Moulay Youssef. Doumergue célèbre ainsi    « l’amitié franco-musulmane scellée dans le sang sur les champs de bataille européens ».

De style mauresque, elle s’inspire de la mosquée El-Qaraouiyyîn de Fès. J’ai eu un grand plaisir à découvrir cet ensemble très fréquenté par les touristes, car particulièrement accueillant, qu’il s’agisse de ses jardins, de son café maure, ou de sa boutique.

L’INSTITUT

C’est l’architecte LE VAU qui, sous Louis XIV, érige ce haut lieu de la culture. Pour une fois, la Révolution française ne démolira pas, mais réhabilitera les lieux en élargissant les compétences de l’Institut :

« Il y a pour toute la République un Institut national chargé de recueillir les découvertes, de perfectionner les arts et les sciences. » (Constitution de l’an III)

Ce rôle va se poursuivre, les siècles suivants.Aujourd’hui, l’Institut regroupe 5 Académies :

• Académie française fondée en 1635 par Richelieu
• Académie des inscriptions et belles-lettres fondée en 1663 par Colbert
• Académie des Sciences fondée en 1666 par Colbert
• Académie des Sciences Morales et Politiques fondée en 1795 par la Convention
• Académie des Beaux-Arts fondée en 1816 par Louis XVIII

L’INSTITUT DU MONDE ARABE

Si cette oeuvre de l’architecte Jean NOUVEL a été inaugurée sous le premier septennat de François MITTERRAND, elle avait néanmoins été initiée par Valéry GISCARD D’ESTAING, dans le but d’améliorer les relations diplomatiques entre la France et les pays arabes.

Au plan architectural, c’est une intéressante synthèse entre culture arabe et culture occidentale. La façade sud reprend les thèmes historiques de la géométrie arabe, avec ses 240 moucharabiehs.

L’I.M.A. est très visité, non seulement pour le bâtiment lui-même, mais pour les excellentes expositions qui s’y succèdent (ci-dessous photo prise lors de l’expo « Orient-Express »).

LA BOURSE DES VALEURS et LA BOURSE DU COMMERCE

LE PALAIS BRONGNIART (Ancienne Bourse des Valeurs)
Ce pauvre Monsieur Brongniart, décédé en 1813, n’aura pas vu terminer son oeuvre en 1825, à l’aube du capitalisme triomphant !

Au cours de mes premières années d’enseignement, j’ai emmené une classe de grands élèves assister à l’heure de midi, à une de ces séances « à la corbeille » qui constituaient un spectacle presque burlesque.

La nostalgie est apparue lorsqu’en 1989, avec mes grands élèves (qui constituaient, par équipes, des clubs boursiers), nous sommes venus de Saumur jusqu’au temple de la finance. L’informatique avait déjà frappé !

Et aujourd’hui, seule la lecture de Balzac et Zola pourra nous rappeler l’époque épique des aboyeurs de la corbeille !

                  Aux dernières nouvelles, le Palais BRONGNIART est occupé par un « incubateur de start-up » et un espace de  « co-working » !

LA BOURSE DE COMMERCE

La Bourse de Commerce, qui cotait les denrées et les matières premières depuis le début du 19ème siècle, dans les locaux du Palais Brongniart, s’installa rue de Viarmes, sur l’emplacement de l’ancienne Halle aux Blés de Paris, détruite par un incendie.

On reconstruisit la coupole (en fonte, cette fois) qui fit l’admiration de Jefferson au 18ème siècle (il la comparait à St Pierre de Rome!).

Jusqu’en 1998, la Chambre de Commerce y géra la Bourse. L’informatisation décentralisa la cotation, et le bâtiment abrita jusqu’en 2016 divers services administratifs.

Mais cet imposant bâtiment va bientôt retrouver une nouvelle vie puisqu’il est destiné à accueillir les visiteurs des collections de la Fondation Pinault, qui devrait ouvrir début 2019.

LE COLLÈGE DES BERNARDINS

Entre 2004 et 2008, ce lieu d’enseignement pour étudiants cisterciens de l’Université de Paris (depuis le 13ème siècle) a bénéficié d’une magnifique réhabilitation.

Considéré comme un chef d’oeuvre d’architecture médiévale, il est devenu, par convention entre État, Ville de Paris et Diocèse, un Centre Culturel.

Il propose plusieurs activités : expositions d’art contemporain, musique, activités pour le jeune public ; rencontres et débats à travers des colloques, des conférences et des tables rondes.

J’ai dérogé à mon engagement à ne pas quitter le trottoir parisien, pour photographier la salle d’accueil, particulièrement belle et lumineuse.

LA BASTILLE, SA COLONNE et SON OPÉRA

La « colonne de Juillet ». Commémorant les « Trois Glorieuses » (1830), elle fut inaugurée dix ans après. Le « Génie de la Liberté » la surmonte.

Imaginons, le jour de cette inauguration, le grand Hector BERLIOZ, marchant à reculons tout en dirigeant une fanfare militaire, au sein du défilé ! Il avait, en effet, composé une symphonie pour fêter l’événement.

LES ARCHIVES NATIONALES

Elles sont situées depuis 1808 dans un ensemble constitué autour de l’hôtel de Soubise et qui s’est progressivement étendu aux hôtels particuliers contigus.

Ce site parisien des Archives nationales était à l’origine conçu pour conserver les archives des organes centraux de l’État, auxquelles se sont ajoutés ensuite le Minutier central des notaires parisiens et des documents d’origine privée.

LA COLONNE VENDÔME

Elle fut érigée par Napoléon pour commémorer la bataille d’Austerlitz. Au fil des années, elle reçut les noms de colonne d’Austerlitz, puis colonne de la Victoire avant de devenir colonne de la Grande Armée. Elle est communément appelée colonne Vendôme.

LE MOULIN ROUGE 

Il y eut jusqu’à 30 moulins à vent sur la butte Montmartre (dont 12 rue Lepic) qui broyaient du grain, du maïs, du plâtre, de la pierre.

Joseph Oller, propriétaire de cette salle de spectacles, et Charles Zidler directeur, imaginent à la fin du 19ème siècle, ce lieu rehaussé d’un gros Moulin peint en rouge et illuminé la nuit afin d’être bien visible depuis les Grands Boulevards et le bas de la rue Blanche.

Il fut le premier bâtiment électrifié de Paris.

Sa forme et sa couleur immédiatement reconnaissables en ont fait un des emblèmes de Paris. Tous les types d’attractions et de spectacles se sont succédé dans cette salle mythique. Mais c’est bien sûr le fameux « French Cancan » qui aura marqué l’établissement.

LA SAMARITAINE

Pourquoi intégrer ce célèbre grand magasin à la liste des monuments    parisiens ?  Parce que le bâtiment a été classé « monument historique », et qu’il le doit à son style architectural, mélange d’« Art déco » et « Art nouveau ».

Il est ainsi protégé de toute défiguration, malgré son actuelle reconversion en hôtel de luxe et galerie commerciale.

LES PORTES SAINT-DENIS et SAINT-MARTIN

A l’emplacement d’une porte de Paris de l’ancienne enceinte de Charles V, l’architecte Blondel construisit en 1672 cet arc de triomphe à la gloire de     Louis XIV.

Deux ans plus tard, c’est un élève de l’architecte Blondel qui construisit la Porte Saint Martin pour honorer les victoires du Roi Soleil sur le Rhin et en      Franche-Comté .

LES COLONNES DU TRÔNE

La « Barrière du Trône » était une des portes d’entrée de Paris, permettant la perception de taxes sur les marchandises. Construite en 1787 par l’architecte LEDOUX, elle était surmontée de deux colonnes monumentales.

Ce n’est qu’en 1845 que ces colonnes furent surmontées des statues de Philippe-Auguste et de Saint-Louis.

LE PONT ALEXANDRE III

Il est vrai que j’ai déjà présenté ce pont dans le chapitre consacré à la Seine. Mais celui-ci, c’est mon chouchou, qui mérite bien un second passage.

Son caractère monumental et ses sculptures en font un édifice exceptionnel.

Bien qu’il rende hommage au tsar régnant lors de l’inauguration en 1900, sa première pierre a été posée par le tsar Nicolas II en 1896, à la grande époque de l’amitié franco-russe.

DES MUSÉES qui sont aussi des monuments historiques

MUSÉUM D’HISTOIRE NATURELLE

Fondé par un décret de la Convention en 1793, il s’installa sur le terrain de l’ancien Jardin royal des plantes médicinales. Il contient aujourd’hui 62 millions de spécimens d’animaux et plantes.

LE MUSÉE DE LA LÉGION D’HONNEUR

Le musée occupe une aile moderne élevée entre 1922 et 1925 sur l’emplacement des anciennes écuries de l’hôtel de Salm, donnant sur le parvis du musée d’Orsay. Le musée présente ses collections permanentes sur plusieurs niveaux, dans des espaces thématiques consacrés :

• à l’histoire du palais et à la création du musée,
• aux ordres chevaleresques et religieux,
• aux ordres royaux français,
• à la Légion d’honneur, ordres impériaux et souvenirs du Premier Empire,
• aux ordres étrangers,
• aux ordres, décorations et médailles français de 1789 à nos jours.

LE MUSÉE CARNAVALET

C’est le musée municipal parisien consacré à l’histoire de Paris des origines de la ville à nos jours. Il est situé dans le quartier du Marais.

ARÈNES DE LUTÈCE

Certes, il n’y a pas grand-chose à voir sur ce site archéologique du 5ème arrondissement. Mais c’est pourtant bien là qu’il faut chercher l’origine de notre capitale.

Il s’agit d’un complexe hybride du 1er siècle , de type « amphithéâtre-théâtre », comportant à la fois une scène pour les représentations théâtrales et une arène pour les combats de gladiateurs et autres jeux de l’amphithéâtre.

OBSERVATOIRE

La première réunion de l’Académie des Sciences, en 1666, décida de la création de l’Observatoire de Paris. C’est le frère de l’écrivain Charles PERRAULT, Claude, qui conçut les bâtiments.

 

TOUR « JEAN SANS PEUR »

En pleine guerre des Armagnacs et des Bourguignons, en 1410, le duc de Bourgogne, « Jean sans peur » fortifie, grâce à cette tour, sa résidence parisienne.

LA CINÉMATHÈQUE FRANÇAISE

Ce lieu béni des cinéphiles a beaucoup gagné, en quittant la colline de Chaillot pour s’installer à Bercy en 2005.

Si l’on ne peut plus y croiser les fantômes de Truffaut ou Chabrol qui passèrent leur jeunesse à Chaillot, on peut en revanche apprécier une fois de plus l’architecture novatrice de Jean NOUVEL.

INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE

Inauguré en 1908, ce bâtiment a été voulu par un des pères de l’océanographie, le Prince Albert 1er de Monaco.

L’architecte NENOT a créé un curieux ouvrage, imitation de Palais de Renaissance italienne, avec une haute tour carrée.

MAISON DORÉE

On remarque à peine cet immeuble du Boulevard des Italiens qui mériterait d’être mieux mis en valeur. C’est toute l’élite parisienne du 19ème siècle qui s’y retrouvait. À l’origine, le restaurant fut appelé Le Restaurant de la Cité par son fondateur.

Mais, en raison de son aménagement luxueux, des peintures, des glaces, des dorures sur les balustrades et les balcons, le public lui donna l’appellation de Maison Dorée.

Le restaurant était divisé en deux parties, l’une sur le boulevard réservée au «tout venant », l’autre, rue Laffitte, pour les habitués de marque, à l’abri des curieux, dans de luxueux cabinets.

Le plus demandé était le numéro 6, fréquenté par ce qui comptait le plus à   Paris : princes, comtes et marquis ainsi que d’excentriques fortunés. La cave somptueuse, avec ses 80 000 bouteilles, attirait tout ce qui comptait comme noceurs et fêtards dans la capitale.

MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES

Quai d’Orsay, tout près du Palais-Bourbon, l’hôtel du Ministre des Affaires étrangères est le premier bâtiment que la République ait fait construire spécialement pour abriter un Ministère.

Jusque là, d’anciens hôtels particuliers étaient utilisés. Guizot en posa en 1844 la première pierre. Il fut terminé sous Napoléon III.

Son style architectural est d’ailleurs assez représentatif du second Empire : mélange d’éléments inspirés de l’Antiquité, de la Renaissance et du Classique.

Le très grand soin apporté à la décoration extérieure autant qu’à l’aménagement intérieur, avait pour but d’impressionner les hauts personnages de tous pays accueillis dans ce lieu.

OPÉRA COMIQUE

La salle Favart, dont l’architecte est Jean-François Heurtier, est inaugurée le 28 Avril 1783 en présence de la reine Marie-Antoinette. En 1840, la salle est complètement reconstruite.

En 1899, la salle Favart est à nouveau complètement reconstruite par Louis Bernier avec une riche statuaire. Son répertoire varié d’opéras-comiques et d’opérettes connaît toujours le succès.

ROTONDE DE LA VILLETTE

La rotonde de la Villette, ou barrière Saint-Martin, est l’une des barrières d’octroi du mur des Fermiers Généraux. Claude-Nicolas LEDOUX n’est pas seulement l’architecte d’Arc et Senans.

Son apport aux bâtiments parisiens fut important, mais cette rotonde fait partie des rares édifices qui soient encore visibles aujourd’hui.

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