Musées

On vient du monde entier pour visiter PARIS. Selon les goûts, cette visite d’une journée (pour un Japonais qui « fait » l’Europe en huit jours), ou d’une semaine peut se décliner en activités diverses : shopping sur les Champs-Élysées, ascension de la Tour Eiffel, soirée au Lido.

Mais les moins pressés et les plus curieux ne manqueront pas, au moins, d’arpenter le Musée du Louvre ou celui d’Orsay.

Le Parisien et le Francilien ont, eux, bien de la chance. Qu’il s’agisse du Louvre ou d’Orsay, ils savent qu’ils ont la possibilité de les visiter par étapes, tant les collections sont nombreuses.

Ils savent également que bien d’autres surprises artistiques les attendent dans les nombreux musées de la capitale qui ne sont pas seulement consacrés à la peinture ou à la sculpture.

Plus amateur de plein air que de salles de musées, je garde de mon enfance cette légère appréhension liée à l’idée que je risque de m’ennuyer en entrant dans ces salles d’expositions.

Cette crainte est devenue tout à fait infondée. Les musées que j’ai visités depuis quelques années ont fait d’incroyables efforts pour séduire leurs visiteurs.

Ceux de Paris, même les plus anciens, ont réussi cette performance de pouvoir attirer même les enfants, avec une utilisation d’ écrans interactifs, des vidéos pédagogiques.

La mise en valeur des œuvres (utilisation souvent subtile de la lumière, directe ou indirecte), une signalétique claire, des audioguides documentés, tout cela fait disparaître le cliché du musée poussiéreux, réservé aux intellectuels.

Un exemple ci-dessous, avec ma petite-fille au Muséum d’Histoire Naturelle.

J’ai déjà montré, dans le chapitre consacré aux « lieux touristiques », quelques-uns des plus grands Musées Parisiens, car ils ont, indépendamment de leur contenu, un intérêt architectural et historique : le Louvre, le Musée d’Orsay, le Muséum d’Histoire Naturelle, le Centre Pompidou, Carnavalet et le Musée de la Légion d’Honneur.

 Sur plus d’une centaine de musées parisiens, je n’ai photographié que ceux qui ont attiré mon attention, soit parce qu’il avaient une belle apparence, soit parce qu’ils m’ont intrigué (parfois leur seul nom ne m’indiquait pas leur thématique !). En voici donc, quelques-uns, cueillis au fil de mes promenades.

MUSÉE DE CLUNY (Musée national du Moyen-Age)

Il rassemble 23 000 œuvres de la Gaule romaine jusqu’au XVIème siècle et embrassant une aire géographique qui comprend l’Europe mais aussi l’Orient byzantin et musulman ainsi que le Maghreb.

MUSÉE D’ART MODERNE-PALAIS DE TOKYO

Le palais de Tokyo est l’un des trois édifices permanents de l’exposition internationale de 1937. Destiné à exposer l’art contemporain, il a été quelque peu dépouillé au profit du Centre Pompidou en 1977 d’une part, et à celui du Musée d’Orsay à partir de 1986.

Le Palais de Tokyo héberge désormais des unités diverses. La Ville de Paris y maintient son propre Musée d’Art Moderne dans l’aile Est, mais en 2002 l’aile Ouest devient « Site de création contemporaine » multidisciplinaire.

MUSÉE DE L’ARMÉE – INVALIDES

Celui-ci, j’ai eu l’occasion de le visiter récemment. Il s’étend sur les ailes Est et Ouest autour de la cour d’honneur des Invalides et comprend plusieurs                 « départements ».

Certes, d’autres musées en France nous font revivre, à travers l’exposition de matériels, les dernières guerres mondiales. Mais les collections de celui-ci sont particulièrement riches.

Je recommande surtout le département « ancien » qui m’a passionné : Armes et Armures anciennes XIIIe – XVIIe siècles, dont la collection est la 3ème  en importance au monde.

PALAIS GALLIERA – MUSÉE DE LA MODE DE LA VILLE DE PARIS

Le musée de la mode est inauguré en 1977 dans ce palais offert à la Ville, au 19ème siècle, par la duchesse de Galliera.

Il fait revivre l’histoire de la mode lors de prestigieuses expositions temporaires, permettant au public de découvrir une partie d’un fonds riche de 90 000 pièces.

Les somptueux habits des XVIIIe et XIXe siècles comme les œuvres des grands couturiers et créateurs gardent la mémoire de trois siècles de mode.

MUSÉE NATIONAL DES ARTS ASIATIQUES – GUIMET

Il porte le nom d’un industriel et érudit du 19ème siècle, grand voyageur ayant rapporté un grand nombre d’objets d’art du Japon, de Chine et d’Inde.

Ce musée du 16ème arrondissement est la plus grande collection d’art asiatique, hors d’Asie. Une rénovation intérieure très réussie, il y a vingt ans, a permis d’apporter lumière et confort à ses visiteurs.

PALAIS DE LA DÉCOUVERTE

Situé dans l’aile Ouest du Grand Palais, ce lieu d’expérimentations et de vulgarisation scientifique n’avait à l’origine qu’une vocation éphémère : étonner les visiteurs de l’Exposition universelle de 1937.

Il lui a finalement survécu, pour le plus grand bonheur de nombreuses générations qui l’ont fréquenté. La Cité des Sciences de La Villette lui fait désormais une concurrence redoutable.

Mais grâce à ses expositions, comme celle des dinosaures, il conserve un public fidèle.

MUSÉE DU QUAI BRANLY – Jacques-Chirac ou musée des arts et civilisations d’Afrique,
d’Asie, d’Océanie et des Amériques

Il est situé dans le 7ème arrondissement , le long du quai de la Seine qui lui a donné son nom. Inauguré en 2006, c’était un projet porté par Jacques CHIRAC et Jean NOUVEL.

En tant que visiteur, j’ai été ébloui par les collections présentées, remarquablement mises en valeur.

Comme promeneur, tournant autour des bâtiments, je n’ai guère été séduit par les jardins dus au paysagiste Gilles CLÉMENT, rendu célèbre, nous dit-on, par son usage innovant et original des graminées et des fougères. J’ai eu plutôt l’impression d’un terrain en jachère prolongée.

CITE DES SCIENCES PARC DE LA VILLETTE

Les abattoirs de La Villette ont laissé la place, en 1974, sur une superficie de 55 hectares (dont 33 d’espaces verts), au Parc de la Villette. Celui-ci inclut l’étonnante Cité des Sciences.

Peut-on encore parler ici de Musée ? Peu importe l’appellation, son succès auprès du public, en tous cas, est toujours aussi vif.

CITE DE LA MODE

Elle fut inaugurée en 2012, et intègre depuis 2013 « Art ludique- Le Musée », consacré au divertissement (dessin animé, cinéma, jeu vidéo, bande dessinée). Il s’agissait de reconvertir les anciens docks du quai d’Austerlitz.

Les concepteurs ont réussi la performance de rendre ce bord de Seine encore plus laid qu’autrefois, avec ce serpent vert ondulant sur la structure de béton.

MANUFACTURE DES GOBELINS

Si le bâtiment ci-dessous date du 19ème siècle, c’est tout de même sur ces lieux     qu’Henri IV en 1601, crée la Manufacture de Tapisserie, pour limiter l’importation des tapisseries flamandes.

 La Galerie des Gobelins a rouvert ses portes en 2007 comme lieu d’exposition des collections du Mobilier National.

MUSÉE DE LA MUSIQUE (INTÉGRÉ À LA CITÉ DE LA MUSIQUE)

Il possède une prestigieuse collection de plusieurs milliers d’instruments et d’objets d’art, héritière de celle du Conservatoire de Musique.

Cette collection retrace l’histoire de la musique occidentale, savante et populaire, du XVIe siècle à nos jours tout en offrant un large aperçu des principales musiques du monde.

Situé dans le quartier de la Villette, le musée, inauguré en 1997, occupe avec la médiathèque, l’aile sur jardin du bâtiment dit Philharmonie 2 — anciennement Cité de la Musique.

MUSÉE RODIN

L’hôtel Biron, rue de Varenne, abrite les œuvres de Rodin depuis 1919. Il a rouvert ses portes en 2015, après une indispensable restauration.

MUSÉE BOURDELLE

Si je connaissais bien le Musée Rodin, il aura fallu, en revanche, que j’emprunte la rue Bourdelle pour y découvrir le Musée qui lui est consacré.

Quand je parle de « découvrir », je ne veux pas dire que je l’ai visité, mais que j’ai pu, comme tout passant, apercevoir depuis la rue, quelques-unes des œuvres exposées en plein air.

MUSÉE D’ART ET D’HISTOIRE DU JUDAÏSME

C’est le plus grand musée français qui porte sur l’art et l’histoire juifs. Il est installé dans le quartier du Marais.

Il retrace l’histoire de la culture des Juifs d’Europe et du Maghreb, du Moyen Age jusqu’au XXe siècle.

Sa collection d’objets religieux, de manuscrits et d’œuvres d’art promeut les contributions des Juifs à la France et au monde, particulièrement dans le domaine de l’art.

MUSÉE JACQUEMART ANDRÉ

Edouard ANDRÉ était un héritier de l’une des plus grandes fortunes du Second Empire. Il conçut le projet de constituer une collection de tableaux, de sculptures, de tapisseries et d’objets d’art du XVIIIe siècle.

En 1881 il épousa Nélie Jacquemart, une jeune artiste peintre qui s’associa aux projets de son mari.

Leurs collections furent léguées à l’Institut de France, à condition qu’elles soient accessibles au public.

L’Institut de France et la Fondation Jacquemart-André s’efforcent aujourd’hui de conserver, protéger et valoriser ce patrimoine.

MUSÉE HENNER

Voici, je l’avoue, un peintre romantique dont j’ignorais totalement l’oeuvre. La veuve de Jean-Jacques HENNER a fait don à l’État des toiles de son mari.

MUSÉE DU PARFUM – FRAGONARD

Discrètement situé, dans la rue Scribe (9ème arrondissement), ce Musée bien particulier a le mérite – rare – d’être quotidiennement d’accès gratuit !

Ce musée, ouvert en 1983, est situé dans un bel hôtel particulier de style Napoléon III. Il fut construit en 1860 par l’architecte Lesoufaché, un des élèves de Garnier.

Plafonds peints, parquets, stucs romantiques, cheminées et lustres datent de la
création de l’immeuble dont une grande partie est classée.

J’y ai découvert (car je l’ai visité) une merveilleuse collection d’objets de parfumerie, et voyagé à travers les différentes époques, de l’Antiquité au début du XXème siècle.  Les visiteurs peuvent tester leur sens de l’odorat !

MUSÉE SOCIAL

Rue Las Cases, dans le 7ème arrondissement, j’ai découvert ce fronton et me suis enquis de ce que recouvrait cette appellation.

Le Musée social a été fondé en 1894, sous forme de fondation privée reconnue d’utilité publique. Le but était de conserver et exposer de façon permanente les documents du pavillon d’Économie sociale de l’exposition universelle de 1889.

Il fut, dès le départ, malgré son appellation trompeuse, un véritable institut de recherche. Avant 1914, le Musée social fut surnommé « l’antichambre de la Chambre » en raison de son rôle dans la préparation de certaines lois sociales.

Sa bibliothèque conserve environ 100 000 volumes (monographies et périodiques) et constitue le lieu de mémoire de l’action sociale, de l’économie sociale et de l’histoire sociale.

Le fonds ancien (de 1894 à 1964) de la bibliothèque est classé « Archives historiques » depuis 2008.

MUSÉE PICASSO

Une façade bien classique pour un artiste révolutionnaire ! L’hôtel Salé, l’un des beaux hôtels particuliers du Marais, se consacre à la vie et à l’oeuvre de Pablo Picasso ainsi qu’aux artistes qui lui furent liés.

MUSÉE BACCARAT

Il s’agit cette fois d’un Musée privé. Il expose, Place des États-Unis, dans le 16ème arrdt, une sélection de pièces fabriquées par la cristallerie Baccarat,    en Lorraine.

MUSÉE DE MONTMARTRE

Le musée de Montmartre retrace l’histoire du quartier. On y retrouve la bohème artistique montmartroise, l’effervescence de ses célèbres cabarets mais aussi une ambiance artistique propre aux XIXe et XXe siècle.

Il conserve un fonds de tableaux, d’affiches, d’illustrations, de photographies et de témoignages signés de Modigliani, Toulouse-Lautrec, Utrillo…

MUSÉE DAPPER

J’étais content de ma découverte, lorsque je suis passé, ce jour de Mars 2017, Rue Paul Valéry (16ème arrdt). Et je me suis bien sûr renseigné sur ce musée, créé en 1986, qui se définit comme un « espace d’art et de culture pour l’Afrique, les Caraïbes et leurs diasporas ».

Las ! J’apprends que trois mois après cette photo, le Musée a fermé ses portes. La Fondation veut amplifier ses activités au Sénégal et en initier d’autres, ailleurs, en Afrique et dans les Caraïbes. Ce qui veut peut-être dire, d’une autre manière, que le Musée Dapper n’attirait pas la foule ?

ART 42 – MUSÉE D’ART URBAIN

Boulevard Bessières, dans le 17ème arrdt, j’ai découvert le musée le plus branché de   Paris ! Je n’ai pu photographier que le panneau de l’entrée. Tout le reste, côté Boulevard, n’est qu’une grille.

Je cite quelques lignes de Wikipédia qui présentent le site.

« Art42 » est un musée de street-art situé au sein de l’école d’informatique 42. Il comporte plus de 150 œuvres d’artistes de tous horizons et aux notoriétés diverses. Parmi les artistes majeurs représentés peuvent être cités Bansky, C215 ou encore JR. Le projet
est porté par l’association Artiste Rezo et les œuvres présentées appartiennent à la collection personnelle du directeur de l’ICART Nicolas Laugero Lasserre. »

C’est vraiment le genre d’endroit que j’ai envie de fuir à toute vitesse. Surtout quand Télérama lui attribue ses 3 T ! Mais je ne suis qu’un amateur d’art totalement rétrograde, je le confesse.

MUSEES DISPARUS (ou aux collections transférées)

Des musées, il s’en crée chaque année, à Paris ou ailleurs. Mais certains vétérans, eux, ferment parfois leurs portes. Dans le meilleur des cas, leurs collections sont, en tout ou partie, transférées dans d’autres musées.

Parfois, elles sont, hélas, dispersées par une vente aux enchères.
Pour mémoire, je donne le nom de quelques-unes de ces victimes des premières années du 21ème siècle.

Musée de la Serrure
Musée de la Poupée
Musée de la SEITA (objets récupérés par le Musée du Tabac de Bergerac)
Musée Lénine
Musée de l’Érotisme