Street Art

J’avais d’abord titré cette séquence « Art de Rue ». J’ai fini par abandonner l’expression – à regret – devant la place prise par l’anglicisme « street art » dans le langage courant.

Avant de découvrir les murs de PARIS, j’étais extrêmement remonté contre les barbouilleurs de murs qui sévissent désormais jusque dans le moindre village français. Le graffiti, forme particulière du vandalisme, s’est répandu sans que les pouvoirs publics n’interviennent, polluant ainsi, petit à petit, tout le   paysage urbain.

Arriver à PARIS, par n’importe quelle gare, c’est devoir supporter la vue de centaines d’immeubles barbouillés de sigles plus ou moins mystérieux qui font sans doute la grande fierté de leurs auteurs.

Ma colère est restée intacte vis-à-vis de ces abrutis qui n’hésitent pas à souiller les murs d’une maison qui vient tout juste d’être repeinte. Ma visite des 10ème et 11ème arrondissements a été à cet égard, mon plus mauvais souvenir.

Mais tout n’est pas graffiti dans les peintures murales, et les supports ciblés sont parfois bénéficiaires de cette décoration plus ou moins sauvage.

Si j’écris « plus ou moins », c’est parce que les élus locaux, de plus en plus, autorisent certains artistes à utiliser tel ou tel mur (parfois même leur     passent commande).

En effet, le paysage urbain n’est pas toujours attrayant. Voir un transformateur EDF décoré n’a rien d’une insulte à l’esthétique, bien au contraire. Et bien des murs sinistres ont gagné à prendre des couleurs. Le phénomène s’est développé dans beaucoup de villes, et spécialement les capitales.

Bien évidemment, les élus essaient d’éviter le mélange des genres, dans les centres historiques. Mais pour les autres quartiers, quelle aubaine !

En voici la preuve à PARIS, où j’ai eu un très grand plaisir à faire des découvertes, non seulement humoristiques, mais souvent réellement artistiques.

Les exemples les plus spectaculaires sont les fresques « verticales » sur de hauts murs.

 

Demeurons dans le domaine des grandes fresques, mais cette fois à l’horizontale

En attendant que soient démolis les immeubles de la rue Paul Bourget, dans le 13ème arrondissement, un petit coup de couleur malicieux (sans doute des stickers) atténue l’effet de leur triste spectacle.

Petite parenthèse technique à cette occasion. Les modes opératoires ont en effet varié, au fil du temps (et des possibilités financières des artistes).

Après le simple « marqueur » et la bombe aérosol, on peut apprécier désormais du travail au pochoir, et de plus en plus de « stickers » qui ont l’avantage de pouvoir être enlevés (du reste, les artistes cotés se font maintenant voler leur travail !).

Il ne faut pas non plus oublier les posters et affiches, nous en verrons plus loin.

Admirons quelques créations de taille plus réduite, découvertes dans divers quartiers de la capitale.

En découvrant la « villa des Tulipes », ruelle bucolique du 18ème arrondissement, j’ai trouvé cette charmante fresque, – ci-dessous en trois parties – destinée à montrer le caractère convivial des habitants.

Partons maintenant dans le domaine de l’humour, de la fantaisie, et parfois des improvisations poétiques ou philosophiques.

La décoration un peu absurde de la voie publique émane parfois des élus locaux.

L’art des rues rend parfois hommage à des personnalités.

J’ai été intrigué, dans une cité populaire du 17ème arrondissement, par cette fresque.

Elle représente, de profil, le créateur de l’alpinisme, Horace-Benedict de SAUSSURE.

Quel plaisir de retrouver, dans les quartiers récents du 13ème arrondissement, une rue Goscinny, plaisamment décorée.

 

Si j’ai parfois regretté d’arpenter les rues trop tôt le matin, avec des rideaux de fer de commerce encore fermés, ce n’a pas été le cas, rue Cavalotti, dans le 17ème arrondissement.

Était-ce une façon de décourager les tagueurs sauvages ? Toujours est-il que cet accord passé par les commerçants avec des artistes fut une excellente idée.

Mais rien n’arrête les imbéciles. Et la devanture ci-dessous a tout de même été taguée…

Par chance, j’ai pu, un jour, rencontrer un artiste au travail.

Mais les artistes de rue d’aujourd’hui n’ont rien inventé. Le mot de la fin reviendra à cette publicité du siècle dernier.

Pour voir plein écran l’ensemble des photos sur ce thème, cliquez sur STREET ART