Gares & Trains

Vingt-cinq ans de vie en province ne m’ont pas fait oublier que je fus d’abord un enfant de la banlieue, cette banlieue que j’ai retrouvée en m’y réinstallant pour la retraite.

Et pour un banlieusard, PARIS, ce sont d’abord des gares. Pourquoi ce pluriel ? Parce que j’avais la chance, habitant Versailles, de pouvoir rejoindre, indifféremment, les gares parisiennes de SAINT-LAZARE, INVALIDES, et MONTPARNASSE.

GARE DES INVALIDES

Elle n’est plus aujourd’hui qu’une station RER. Apprenons donc aux jeunes générations qu’elle était autrefois le Terminus de la ligne venant de VERSAILLES « Rive Gauche ».

Cette ligne, électrifiée en 1900 pour l’Exposition Universelle, a donc été intégrée en 1979 au réseau RER C. Fort heureusement, le bâtiment d’origine existe toujours, même s’il a été affecté à un autre transporteur.

GARE MONTPARNASSE

Enfant, j’ai connu l’ancienne gare Montparnasse, qui donnait sur l’actuelle Place du 18 Juin 1940. (photo Internet)

Je suis très content d’avoir retrouvé le cliché suivant (issu de mes premières diapositives couleurs en 1969).

Alors que je me rendais à pied de la nouvelle gare Montparnasse vers ma Fac de Droit, rue d’Assas, j’ai photographié les ruines de ce qui fut cette gare et qui allait constituer les fondations de la Tour Montparnasse et de son                  centre commercial.

A noter que ce déplacement a fortement éloigné les voyageurs des lignes de métro 4 et 12. Ce n’est pas l’interminable (et super-lent) trottoir roulant qui compense cet inconvénient.

Pour rester dans la rubrique « Nostalgie », je me souviens qu’entre la gare de Vanves-Malakoff et celle de Montparnasse, existait la station                       « Ouest-Ceinture ».

Elle assura jusqu’en 1934 la correspondance avec la ligne de « Petite Ceinture » et continua jusqu’en 1984 à être l’avant-dernier arrêt des lignes de banlieue.

C’est avec plaisir que je l’ai retrouvée, rue Vercingétorix, joliment restaurée et utilisée par des entreprises.

L’actuelle gare Montparnasse, avec ses différents rajouts, n’est pas particulièrement agréable à découvrir pour le voyageur nouveau venu. Montparnasse I, II, III, Montparnasse-Vaugirard, autant de terminaux au milieu desquels il faut se retrouver.

Quant aux banlieusards, ils sont parqués dans une zone à accès contrôlé qui en fait des voyageurs marginalisés.

Tous les murs sont restés depuis la construction, en béton brut, ce qui donne un aspect inachevé à la gare Montparnasse.

La seule partie agréable n’est pas visible pour les voyageurs : c’est le « Jardin Atlantique » qui couvre la dalle au-dessus des quais.

J’ai fini par trouver belle allure à cette gare, en la découvrant, lorsque j’explorais, près des voies, la petite rue Alain.

Le point de vue, depuis le Sud, rend justice aux architectes. Malheureusement, ce n’est pas l’image qu’en ont les voyageurs.

Desservant l’Ouest et le Sud-Ouest de la France, la gare Montparnasse accueille chaque année environ 53 millions de voyageurs.

GARE SAINT-LAZARE

Si Invalides et Montparnasse ont été les gares que je fréquentais à l’époque des études, c’est par Saint-Lazare que j’accédais à PARIS, lorsque je travaillais dans des bureaux du 8ème arrondissement.

La première gare Saint-Lazare est née sous Louis-Philippe, mais le célèbre tableau de MONET date, lui de 1877. Il aura fallu attendre un siècle de plus pour qu’en 1982, les toutes dernières motrices Diesel soient remplacées par la traction électrique.

Il y avait bien longtemps que je n’avais pas transité par cette gare et j’ai eu la chance d’y revenir alors que l’opération « Demain Saint-Lazare » était terminée. Que ce soit extérieurement ou intérieurement, cette dernière transformation a été plus qu’un ravalement.

Les esprits grincheux pourront reprocher aux concepteurs d’avoir transformé la gare en Centre Commercial. Les voyageurs traversent aujourd’hui une Salle des Pas perdus que ne reconnaîtrait pas Colette DEREAL.

Elle est devenue un puits de lumière grâce à la mise en valeur de la verrière et à l’agencement des nouvelles boutiques (80) réparties sur trois niveaux ; elle est pourvue d’une vingtaine d’escalators, et de 300 écrans d’information.

Extérieurement, elle conserve son architecture d’origine, mais de nouveaux accès sont créés.

La Gare Saint-Lazare, dessert en trains inter-cités la côte Normande, mais elle est essentiellement tournée vers la banlieue et la grande banlieue Nord-Est (9 trains sur 10 sont des « Transiliens »).

Elle n’accueille aucune ligne TGV.

GARE D’AUSTERLITZ

Au cours de mon périple, il m’a été difficile d’obtenir une photo correcte de l’aspect extérieur de cette gare, cachée en partie par les arbres… et par les nombreux échafaudages de travaux, car elle est en pleine rénovation.

Depuis la mise en service de la ligne LGV Atlantique, « Austerlitz » avait perdu une grande partie de son trafic voyageurs.

Mais elle bénéficie d’un avantage : la possibilité d’augmenter son nombre de quais, grâce à une emprise territoriale suffisante. Elle est appelée à soulager la gare de Lyon grâce à une liaison TGV Paris-Orléans-Clermont-Ferrand-Lyon. D’où l’importance des travaux actuels. (ci-dessous les nouveaux quais)

Les travaux ne l’ont pas empêché en 2017 d’accueillir une sympathique exposition « Corto Maltese »

Près de la gare se trouve un important « Technicentre » assurant la maintenance des matériels SNCF

GARE DE LYON

L’ancêtre de l’actuelle gare s’appelait (en 1847) : « Embarcadère de chemin de fer de Paris à Montereau » !

Mais c’est à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1900 que fut inauguré le site – devenu monument historique – de « PARIS-GARE DE LYON »                (son nom officiel).

Quelques aménagements, mais pas de grande réhabilitation prévue pour cette belle gare, classée Monument Historique en 1972.

Ici, ce ne sont plus des souvenirs de banlieusard qui reviennent en mémoire, mais plutôt des images de départ vers le Midi de la France ou vers les Alpes.

L’ambiance est forcément plus détendue qu’à la gare Saint-Lazare !

Ici, le TGV est roi !

GARE DU NORD

Celle-ci me rappelle également d’agréables souvenirs de grands départs. Ce n’était plus cette fois, la recherche de la neige ou du soleil, mais la découverte de la Belgique, des Pays-Bas et de l’Angleterre.

Les Thalys et Eurostars ont détrôné les anciens trains mythiques qui partaient de la Gare du Nord : « Oiseau Bleu » « Nord-Express » «Paris-Scandinavie-Express ».

Une particularité de la gare du Nord est d’offrir aux Parisiens comme aux voyageurs, le spectacle de très grandes statues (de 4 à 5 mètres de haut) représentant les villes du Nord de la France ou des pays limitrophes.

GARE DE L’EST 

Ce n’est pas celle qui laisse les meilleurs souvenirs aux Français. Gare de mobilisation en 1914 et 1939, elle est aussi, fort heureusement, celle qui nous voit partir vers les Vosges ou l’Alsace. Située tout près de la Gare du Nord, après une baisse de fréquentation, (due au RER E), elle bénéficie désormais     du TGV Est.

Les statues au fronton de la gare ne sont pas aussi imposantes que celles de la Gare du Nord. L’une symbolise Strasbourg et l’autre Verdun.

J’ai trouvé par hasard la réponse à une question que je ne m’étais jamais posée : pourquoi la gare de l’Est ne se trouve-t-elle pas à l’Est de Paris ?

Tout simplement afin de contourner le relief « élevé » de Belleville et des communes de Romainville et Fontenay sous Bois qui auraient normalement constitué le trajet le plus direct !

LES GARES ET LEURS VOIES 

Il n’y a pas que les gares pour imposer le spectacle du « chemin de fer » aux Parisiens : il y a aussi l’importante emprise territoriales des voies coupant en deux certains arrondissements.

Le ballet presque incessant des départs et arrivées de trains, depuis les rues devenues ponts, est aussi un spectacle pour les curieux…et une nuisance pour les riverains.

Quelques photos de ces enclaves SNCF au sein de la capitale :

C’est dans le nord de Paris que les quartiers sont séparés par les plus larges enclaves ferroviaires.

Éternel voyageur, je suis de ceux qui s’amusent du spectacle offert par le passage du trafic sous ces ponts, comme on peut l’être sur un port, à observer les bateaux.

Terminons ce tour d’horizon des gares parisiennes par une photo qui montre à quel point la gare de Lyon s’impose de loin comme un véritable monument de la capitale.