Autour du périphérique

Depuis toujours, la ville de PARIS a été protégée d’éventuels assaillants par des fortifications.

Au fur et à mesure de sa croissance, sept enceintes se sont succédé :

De 1960 à 1973, sur l’emplacement des anciennes « fortifs’ » s’est construit la rocade
parisienne, baptisée « Périph » par ses utilisateurs.

Si elle n’a pas le caractère défensif des anciennes enceintes, elle forme néanmoins une séparation très nette entre la capitale et sa banlieue, limitant les passages de piétons et de véhicules à un nombre limité de ponts ou de passages souterrains.

Curieusement, certaines rues parisiennes se trouvent au-delà du périphérique, ce qui m’a amené à des sorties au cours desquelles je cherchais avec difficulté, sur mes plans, les limites de mon territoire !

Certaines rues ont un côté parisien et l’autre en banlieue !

La présence de cette importante rocade routière crée une ambiance très particulière dans son environnement.

Le bruit permanent a nécessité de symboliques protections phoniques auprès des zones habitées, qui sont essentiellement, m’a-t-il semblé, des logements sociaux.

Mais ces terrains limitrophes sont aussi, très souvent, des zones « vertes » et des terrains de sport. Ci-dessous le centre sportif Louis Lumière (20ème arrondissement).

Viennent occuper le no man’s land, souvent glauque, de cet entourage bétonné, des services municipaux qui y stockent du matériel.

Quand j’y vois quelques services administratifs dans des Algecos, j’imagine des cadres placardisés par leur employeur : déprime assurée !

Je sais que je ne suis pas le seul photographe amateur à avoir pris des photos dans les rues de Paris.

Mais faire des photos dans ces lieux improbables est sans doute plus rare ! Cela m’a valu de découvrir des passages piétons sous le périph’, dont j’ignorais l’existence.

Mais il existe aussi un passage piéton qui relie – au-dessus du périphérique – la Cité Universitaire et Gentilly. C’est la passerelle du Cambodge (prolongée tout récemment) qui débouche sur l’église du Sacré Cœur de Gentilly.

Cette église fut édifiée pour maintenir une activité spirituelle chez les étudiants de la Cité universitaire.

La construction du boulevard périphérique en 1960 la sépara de la cité universitaire et les étudiants catholiques la délaissèrent. Depuis 1979, elle est affectée à la communauté catholique portugaise.

En continuant vers la Porte de Vanves, c’est au long de rues limitant PARIS et MALAKOFF, qu’on découvre cette grande fresque, tournée vers la capitale, qui rend hommage aux « Chibanis », ceux qui ont quitté l’Afrique du Nord pour travailler en France.

L’artiste Vince a reproduit une photo de Mohand Dendoune, père de l’écrivain Nadir Dendoune.

Deux tours se dressent aussi, collées au périphérique, mais dépendant de Bagnolet : on peut dire qu’elle font partie désormais du paysage parisien, comme celles de la Défense.

Ce sont les « Mercuriales »,(1975) seules rescapées d’un ambitieux projet de quartier d’affaires qui devait devenir l’équivalent de « La Défense » en banlieue Est. Le choc pétrolier de 1973 a mis fin à ce projet.

Elles sont désormais appelées à abriter un centre de congrès et une hôtellerie de luxe, tournée vers la clientèle asiatique.

Que peut-on voir encore d’un côté ou de l’autre du périphérique ? Des hôtels (aux chambres bien insonorisées, espérons-le)

Plus rarement des magasins, car l’accès n’est pas toujours simple.

Mais aussi des jardins comme le jardin « Frida Kahlo » qui surplombe le périphérique près de Bagnolet.