Cafés

« Il y en a à Paris qui sont très magnifiques par les glaces et autres meubles de prix qui en font l’ornement, et les illuminations qui l’éclairent lorsqu’il fait nuit. C’est le rendez-vous des nouvellistes et de quelques beaux esprits qui s’y assemblent pour tenir des conversations sur la belle littérature, et pour la mieux soutenir on prend tout ce qui peut le plus réveiller les idées qui en sont le sujet : le café, le chocolat, le rossolis, l’eau clairette, l’eau d’anis, le populo, et autres boissons de cette sorte, en forment le régal ; le tout au choix de ceux qui vont pour en prendre. » C’est ce qu’écrivait Louis LIGER en 1715 dans un « Guide des étrangers dans la ville de Paris ».

Bien sûr, les cafés ont évolué depuis, mais la convivialité y est toujours de mise, et leurs vitrines et terrasses apportent gaieté et légèreté aux rues de la capitale.

Selon les quartiers, il existe bien sûr, quelques différences de standing…

Il est difficile, parfois, de distinguer cafés et restaurants. Certains établissements sont des cafés-restaurants ; d’autres, bien que servant essentiellement des boissons, font un peu de restauration rapide à la mi-journée.

Mais surtout, on voit se développer de nouveaux « créneaux » avec des bars spécialisés. Il m’est arrivé d’hésiter à entrer dans un de ces cafés bizarres où je n’étais pas sûr de pouvoir me faire servir un simple « café » !

Néanmoins, PARIS fait de la résistance et veut conserver, à travers ses cafés, quelque chose de la Belle Epoque. J’en veux pour exemple les chaises cannelées, les fauteuils de moleskine et la décoration de nombreuses brasseries, notamment.

Si j’ajoute à cela des garçons de café maussades, je retrouve l’ambiance des cafés parisiens que je fréquentais, étudiant, au cours des années 1960. Il ne manque – si j’ose dire – que quelques nuages de fumée !

Quelques cafés apportent, côté rue, une touche de fantaisie ou de couleur particulière.

Laissons une place aux cafés liés à l’Histoire. Tout d’abord, le Procope, café d’artistes et d’intellectuels du 18ème siècle. Certes, il n’existe plus depuis 1890, mais un restaurant qui a pris sa place, expose les anciens clients du lieu.

Le 31 Juillet 1914, Jean Jaurès était assassiné au café du Croissant, rue du Croissant, dont le nom est resté tristement célèbre.

Je dédie la photo montmartroise ci-dessous à tous ceux de ma génération à qui leurs parents ont dit un jour : « si ça ne te plaît pas, va donc chez Plumeau » (argot d’époque, signifiant « va au diable »)

 

Dans ce Paris fébrile, où des travailleurs pressés et stressés courent dans les gares et les couloirs de métro, une étonnante ambiance de « dolce vita » émane des terrasses de cafés.

Du prolo au PDG (pas toujours dans les mêmes établissements), on constate un complet relâchement d’attitude. Une fois assis, le client est comme en vacances, surtout quand le soleil est de la partie.

 

Un problème se pose à certains clients des cafés depuis quelques années : il est interdit d’y fumer ailleurs qu’en plein air. Une guerre était engagée entre l’Indiana Café du Boulevard Montmartre et une Association de non-fumeurs au sujet des terrasses couvertes.

La Cour de Cassation a tranché en 2015 : selon elle, « la terrasse fermée par ses trois côtés principaux constitue un lieu fermé et couvert accueillant du public et constituant un lieu de travail ». Dur, dur d’être fumeur aujourd’hui !

Merci aux cafés parisiens dont la densité au kilomètre carré est supérieure à celle d’autres villes françaises (la France a perdu 7000 établissements en 10 ans) et qui ont permis au marcheur que je suis, quelques haltes au cours de mon périple.

Une différence notable avec mes souvenirs de jeunesse : le passant parisien n’est plus obligé d’aller absorber un liquide dans un café, dans le seul but d’éliminer un autre liquide provenant de consommations antérieures. Ce cercle vicieux est désormais battu en brèche par les Sanisettes gratuites.

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