Making of

A la manière des cinéastes, je vous propose en prime, le « making of » de ce reportage sur PARIS !

Quand j’évoque une période de trois années (Printemps 2015 à l’Automne 2017), cela fait sérieux, le gars qui a pioché son sujet. N’exagérons rien. J’ai effectué des déplacements à PARIS, à chaque fois que j’ai pu disposer d’une période de liberté (chacun sait que les retraités sont débordés). Et à condition bien sûr que le temps soit suffisamment lumineux pour permettre des photos acceptables.

Je n’ai pas tenu le décompte de mes jours de « travail ». Si je compte une moyenne de 5 jours par arrondissement, ça me fait donc une centaine de jours sur le terrain. Sur un de mes premiers déplacements, je me suis amusé à utiliser le podomètre. J’avais fait 25 km dans ma journée. Mais très rapidement, j’ai diminué le nombre d’heures passées à marcher. J’ai vite compris que si je voulais mêler la performance à cette expérience, j’allais perdre la qualité et la fraîcheur du regard, en subissant la fatigue. 

Une journée de reportage, ça voulait dire un aller-retour PARIS-LA VERRIÈRE en Transilien, et le plus souvent un trajet en métro pour rejoindre mon point de départ et un autre pour rejoindre la gare Montparnasse. Je disposais dans ma poche d’une seule feuille : le plan de l’arrondissement, à partir duquel j’effectuais de savantes triangulations, afin de perdre le moins de temps possible pour couvrir le territoire.

Une petite rue, ça peut être vu en un seul passage. Dès qu’elle s’élargit, ou s’il s’agit d’un boulevard, il faudra refaire le trajet sur l’autre trottoir ! Quant à éviter les pas inutiles, pas la peine d’y penser. Même en concoctant de savants circuits, j’étais très souvent obligé de revenir sur mes pas pour ne pas laisser des rues sans visite.

Si j’avais pu photographier à Paris comme je l’ai fait autrefois dans le Parc du Versailles (j’habitais à deux pas), c’eut été l’idéal : pouvoir profiter de tous les éclairages naturels du matin au soir, et en toutes saisons. Je n’avais pas ce privilège à PARIS, où je n’ai pas toujours bénéficié des meilleures conditions de prises de vues. Si j’avais été un tant soit peu perfectionniste, je serais retourné afin de refaire certaines photos.

Je dois confesser ici mon péché mignon : la photo volée aux passants. J’en possède un nombre incalculable sur le disque de mon ordinateur. Celles que j’ai réalisées à PARIS sont souvent savoureuses. Mais jusqu’à présent, seuls mes proches profitaient de ces clichés. En réalisant pour la première fois un site public, je me vois obligé de faire un choix – cruel pour moi – : flouter des visages pour respecter le droit à l’image de sujets à qui je n’ai pas demandé d’autorisation.

J’ai notamment pratiqué ainsi pour la série « passants parisiens ». En revanche, je m’en suis abstenu pour les photos de touristes. Non pas que je craigne moins – en raison de la distance – d’éventuelles poursuites de personnes qui se seraient reconnues. Non, c’est plutôt que ces photos ont été prises dans des lieux touristiques où les intéressés ne cessaient pas eux-mêmes de se mettre en scène et de se faire photographier.

Après le plaisir de la randonnée urbaine, venait celui des réponses aux questions que je me posais sur les lieux que j’avais découverts. Le célèbre site Wikipedia m’a souvent éclairé, mais j’ai surtout été stupéfait par le nombre de sites ou blogs spécialisés dans tous les domaines. Qu’il s’agisse d’anecdotes historiques, ou de plans de génie civil des ponts de Paris, voire de cours sur l’hydraulique, j’ai fait bien des découvertes !

Restait à reclasser les milliers de photos prises, arrondissement après arrondissement, en cherchant des thèmes susceptibles d’intéresser. J’espère y être, au moins partiellement, parvenu. 

La phase finale, c’est la création de ce site dont la réalisation doit beaucoup à mon fils Sylvain PIERRE, que je remercie vivement.

Christian PIERRE