Parcs & Jardins

Explorer les rues de PARIS, c’était me priver, bien sûr, du plaisir d’arpenter les Bois de Boulogne et de Vincennes, excentrés mais rattachés administrativement à la capitale.

En revanche, je ne me suis pas gêné pour traverser d’autres lieux de verdure qui venaient s’interposer sur mon trajet.

Ces oasis de végétation, lieux de repos et de jeux, sont beaucoup plus nombreux que je n’aurais pensé, et cela, dans tous les quartiers. Je commence ci-dessous par les espaces les plus connus, mais je souhaite aussi vous faire part de mes découvertes.

JARDIN DES TUILERIES

Dans le cœur historique de la capitale, le Jardin des Tuileries propose ses 25 hectares aux touristes et aux Parisiens. Dépendant du « Domaine National du Louvre et des Tuileries », il s’étend sur un terrain autrefois occupé par des fabriques de tuiles (tuileries).

Jardin à l’italienne dès le 16ème siècle, il a mieux résisté au temps que le Palais qu’il entourait ! Il fut ouvert aux promeneurs dès le 17ème siècle et devint par la suite, tantôt lieu de divertissement (cafés, restaurants, départ de ballons emportant des passagers), tantôt rendez-vous révolutionnaires.

Aux angles du jardin, Napoléon III fit construire une orangerie et un jeu de paume, devenus aujourd’hui des musées.

Sous l’Occupation, il servit de potager. Aujourd’hui, il demeure un agréable lieu de promenade et de repos (les chaises n’y sont plus payantes !). Parterres de fleurs et statues classiques ou modernes l’agrémentent.

JARDIN DU LUXEMBOURG

D’une superficie presque égale au jardin des Tuileries, le « Luxembourg »         est   au cœur du Paris étudiant. Il fut aménagé pour Marie de Médicis afin d’accompagner le Palais qu’elle fit élever. Le Palais comme le jardin changèrent souvent de propriétaire. Mais c’est Napoléon Ier qui souhaita que le jardin soit affecté aux loisirs des enfants.

Il a été pour moi, comme pour beaucoup d’étudiants, une halte bienfaisante entre deux cours, et même un lieu de révision d’examens. Il est aussi providentiel pour les enfants, les sportifs, les joueurs d’échecs, les philatélistes qui s’y retrouvent dans une ambiance conviviale.

Il ne dépend pas de la ville de Paris, mais du Sénat, puisque ce dernier occupe le Palais. A tous ceux qui trouvent infernal le rythme de la capitale et de ses habitants, il faut conseiller de passer quelques heures dans ce beau jardin.

JARDIN DES PLANTES

Celui-ci se veut plus pédagogique que ludique. En plus des espaces verts propres à un jardin (parterres, espaces botaniques, arbres, jardin à l’anglaise, etc.), on trouve aussi au Jardin des plantes une ménagerie, des serres, et des bâtiments d’exposition scientifique. Il est le siège du Muséum d’Histoire Naturelle.

En ce lieu, l’apothicaire, herboriste et pharmacien du roi Nicolas Houël donnait déjà des cours d’herboristerie depuis les années 1540. La Bièvre traversait alors le site !

Mais c’est le botaniste Guy de la Brosse qui créa le « Jardin royal des plantes médicinales » sur édit royal. Le grand Buffon, au 18ème siècle, en fera l’un des plus importants centres de recherche scientifique en Europe.

Même s’il n’est pas féru de botanique, le promeneur ne peut qu’être admiratif devant les
parterres offerts à ses yeux.

PARC MONCEAU

J’aurais aimé connaître ce parc lorsqu’il s’appelait « Folie de Chartres » au 18ème siècle. Le Duc de Chartres, soucieux de rivaliser avec Ermenonville,                     Bagatelle et le désert de Retz, fit réaliser un jardin anglo-chinois,                                 « pays d’illusions ».

Je cite la liste des attractions :
« ferme suisse, moulins hollandais, pagode, pyramide, ruines féodales, temple romain disséminés le long de sentiers accidentés, de bouquets d’arbres et d’îles.

Un recueil de gravures présente diverses vues du parc, « ruines d’un temple de Mars, château gothique, moulin hollandais, tentes tatares »… une rivière est creusée, alimentant un grand bassin destiné à des représentations de combats navals, et des grottes sont érigées pour abriter jeux ou collations ».

Comme toujours, les changements de propriétaires, les révolutions et la spéculation immobilière auront raison de ce beau parc d’attractions.

Il reste aujourd’hui 8 hectares (sur les 20 hectares d’origine), quelques beaux arbres, des aires de jeux, des statues et un souvenir architectural de Claude Nicolas LEDOUX : une rotonde qui s’inscrivait autrefois dans le cadre du Mur des Fermiers Généraux.

PARC MONTSOURIS

Parmi les objectifs que s’était fixé le baron HAUSSMANN sous le Second Empire, il y avait celui d’offrir aux Parisiens des espaces verts aux quatre points cardinaux de la capitale : Bois de Vincennes et Bois de Boulogne, mais aussi Buttes Chaumont au Nord et Montsouris au Sud.

Inauguré en 1869 (mais les travaux dureront jusqu’en 1879), il s’étend sur 15 hectares qu’il fallut conquérir sur un terrain d’anciennes carrières, d’où des difficultés techniques (le lac artificiel se vida en une nuit!).

Traversé à la fois par le sentier de grande randonnée GR1 et – en tranchée – par la vieille ligne de Sceaux rebaptisée RER B, il comporte un certain nombre de bâtiments du 19ème siècle (mais n’abrite plus le Palais du Bardo qui était une attraction renommée), ainsi que des sculptures d’artistes des 19ème et 20ème siècle.

Apprécié des familles et particulièrement des enfants, il est devenu un refuge privilégié pour de nombreuses espèces d’oiseaux aquatiques. Il possède également quelques belles essences d’arbres.

PARC DES BUTTES CHAUMONT

Sur 25 hectares dans le 19ème arrondissement de PARIS, ce parc a le plus important dénivelé de tous les parcs parisiens (40 mètres), ce qui s’explique par son passé : il fut, lui aussi, construit sur des carrières. Le gypse et la pierre meulière qui ont permis de construire tous les beaux immeubles parisiens venaient de là.

Comme le Parc Montsouris, il abrite de très beaux – et parfois rares – arbres, ainsi que des oiseaux aquatiques. On peut presque parler de l’ architecture, tant sa conception fait la part belle à une reconstitution d’une Nature de fantaisie : rochers, falaises, torrents, cascades, grotte, alpages, belvédères.

PARC GEORGES BRASSENS

Dédié au chanteur-poète qui habita tout près, rue Santos Dumont, ce parc n’a été ouvert au public qu’en 1985. Jusqu’en 1975, l’emplacement était encore un abattoir de chevaux.

Deux architectes ont été chargés, en 1980, de réorganiser cet espace qui accueille, outre les promeneurs, des vignes et des ruches. Il faut dire que jusqu’à la fin du 19ème siècle, avant le rattachement du hameau de Vaugirard à PARIS, vignobles et culture maraîchères s’y étaient succédé.

Les portes d’abattoir ont été conservées et les hommages sculpturaux rendus à la boucherie sont assez surprenants !

Le beffroi de l’ancien marché à la criée a été conservé.

Le « porteur de viande » oeuvre d’Albert Bouquillon.

PARC André CITROËN

J’étais bien sûr passé souvent – en RER – devant ce parc, le regard attiré par le ballon captif qui s’y trouve. Mais je l’ai enfin découvert en explorant le 15ème arrondissement.

Il occupe un ancien site industriel et fluvial. Le Port de Javel, ce fut d’abord l’histoire de l’eau de Javel, puis les usines CITROËN jusqu’en 1974.

Le parc, lui, date de 1992.

Il descend en pente douce vers la Seine, sur 24 hectares et abrite une végétation luxuriante et des scénographies aquatiques. Son paysage est varié : franchissement de pièces d’eau, pelouses, bambouseraie, escaliers. Une île artificielle, en contre-bas, est plantée, également, de bois de bambous.

PARC DE LA VILLETTE

Intégrant la Cité des Sciences, la Cité de la Musique, le Zénith et même un tronçon du canal de l’Ourcq , le Parc de la Villette est essentiellement un lieu d’animation et de rencontre pour les enfants et les jeunes.

SQUARE LOUISE MICHEL (MONTMARTRE)

On connaît peu son nom, mais tous les Parisiens et tous les touristes l’ont forcément traversé en montant vers le Sacré-Cœur. Je ne connais pas ses limites exactes, mais je l’associe à l’ensemble des espaces verts qui arpentent la Butte Montmartre.

MES DÉCOUVERTES

Ma connaissance des espaces verts parisiens se limitait aux sites évoqués ci-dessus. C’est mon exploration systématique des rues de la capitale qui m’a permis d’en découvrir beaucoup d’autres, fréquentés essentiellement par les habitants des quartiers.

            COULÉE VERTE RENÉ DUMONT                     (ex- « Promenade Plantée du 12ème »)

J’ignorais qu’en partant de l’Opéra-Bastille, on pouvait rejoindre le Bois de Vincennes par un itinéraire champêtre, dont le jardin de Reuilly est le centre.

Les Parisiens eux, le savent bien, car ils sont nombreux à marcher, courir, rouler en vélo sur cet axe qui alterne les tronçons aériens (viaduc des Arts), les tronçons en tranchée, et les autres au niveau des rues.

C’est l’ancienne ligne de chemin de fer qui partait de la gare de la Bastille en direction de la Seine et Marne qui a ainsi été réaménagée en poumon vert de l’Est Parisien.

JARDINS DE BERCY

Restons dans le 12ème arrondissement, avec ces jardins appréciés des Parisiens qui viennent s’y reposer ou s’y amuser en famille.

PARC DE BELLEVILLE

Dans le quartier populaire de Belleville, on ne s’attend pas à trouver un aussi joli parc, qui sait   se jouer des différences d’altitude pour nous offrir de beaux panoramas sur PARIS.

BUTTE BERGEYRE

Cette Butte est un incroyable hameau perché à 100 mètres d’altitude dans le 19ème arrondissement.

Quelques rues semblent à peine connaître la circulation automobile. Et le point de vue sur Paris, depuis les vignes et les jardins associatifs qui s’y trouvent, est étonnant.

JARDINS ABBÉ PIERRE-GRANDS MOULINS

Les Grands Moulins du 13ème arrondissement sont devenus l’Université  PARIS VII, et le terrain a été réaménagé en 3 jardins : celui de l’Avenue de France, le Jardin Central et le Jardin des Ecoles.

Si le paysage environnant n’a rien de champêtre, les Parisiens se sont tout de même approprié ces espaces de détente.

Cette façon de s’affranchir d’un environnement urbain trop lourd se retrouve dans beaucoup d’autres quartiers parisiens. Une seule consigne : ne pas trop lever les yeux ! Ci-dessous : le jardin de la Folie Titon, dans le 11ème arrdt.

Je termine ce tour d’horizon des espaces verts par quelques photos extraites un peu au hasard des nombreux squares et jardins parisiens, véritables         lieux de vie.

Même à l’heure où les enfants sont à l’école et les travailleurs à la tâche, ils accueillent des retraités, des sportifs, des lecteurs passionnés, des amis des pigeons, mais aussi des malheureux sans domicile fixe, qui y passent parfois leurs nuits.

Boulevard Richard LENOIR

Champ de Mars

Avenue de Breteuil

Esplanade des Invalides

Auprès de la Seine, le Jardin de la Nouvelle France, à côté de l’Alma

Jardin de « la gare de Charonne » (20ème arrdt)

Le tout-récent Parc Clichy-Batignolles, qui n’a pas encore trouvé sa clientèle !

Longeant les lignes SNCF de la gare de l’Est,

Le Jardin d’Éole

Le Parc de la Butte du Chapeau Rouge

(dans le 19ème arrondissement, fait face à la commune du PRE SAINT GERVAIS.)

J’aurais aimé revenir de ce périple avec beaucoup plus de photos de lieux fleuris. J’ai trouvé que notre capitale manquait singulièrement de fleurs, malgré ses nombreux espaces verts.

Ma dernière photo sera une revanche du végétal sur le béton, lorsque les arbres de l’avenue Carnot sont en fleurs :

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