Plaques mémorielles

Sur les murs d’immeubles d’habitation, d’hôtels, parfois sur de simples murs d’enceinte, elles nous rappellent l’existence passée de nombreuses personnalités. Elles sont généralement beaucoup plus bavardes que les plaques de rues et nous amènent à faire travailler notre imagination.

Ici, Untel est né, a habité, s’est marié, a exercé son activité, est décédé. Parfois, il s’agit d’évoquer un événement historique qui s’y est produit. Si les bénéficiaires de noms de rues ne méritent pas tous de passer à la postérité, en revanche, les plaques mémorielles nous renvoient à des personnalités ou événements non négligeables. Ce qui ne veut pas dire que nous les connaissons tous. Mais notre curiosité peut rattraper notre ignorance.

Ce fut le privilège qui me fut donné en réalisant ces photos. Des noms qui m’étaient inconnus méritent maintenant l’hommage de ma mémoire. Je n’ai pas la prétention d’avoir saisi toutes les plaques parisiennes. Comme pour le reste de ce reportage, j’ai laissé mon regard accrocher ce qui m’intéressait, m’amusait…ou m’intriguait.

Au plan historique, l’inscription concernant la période la plus ancienne que j’ai pu repérer, est celle des arènes de Lutèce.

Il est aussi question, Chapelle des Martyrs à Montmartre, du 3ème siècle de St Denis, St Rustique et St Eleuthère.

Au Moyen-Age, un personnage étonnant – soupçonné d’être un alchimiste – mais qui fut surtout un philanthrope apprécié des Parisiens pauvres :         Nicolas FLAMEL.

Début 17ème siècle, une succession royale :

Écrivains et Artistes du 16ème au 19ème siècle sont évidemment nombreux à figurer sur des plaques :

Quelques plaques historiques sont plus surprenantes :
Rue de l’Abbé de l’Épée

Le texte du « Bateau Ivre » de RIMBAUD, Rue Férou

Beaucoup de plaques concernent le 20ème siècle. On y retrouve bien sûr des artistes.

Quelques hommes politiques, même étrangers.

Les plaques les plus récentes ne sont pas les plus gaies. Les horreurs des temps de guerre nous sont rappelés en de nombreux endroits.

LE BOMBARDEMENT DU 21 AVRIL 1944

Lorsque je prétends avoir exploré tout PARIS, je n’exagère pas. Ma scrupuleuse obsession m’a conduit parfois au-delà du périphérique, comme ce fut le cas lorsque j’ai découvert l’impasse Marteau, limitrophe de la Plaine Saint-Denis. Sans cela, je n’aurais jamais rien su de ce bombardement allié qui fut meurtrier pour la population civile. Je cite la presse de l’époque :

« le 20 avril 1944, l’aviation alliée, pour paralyser le trafic allemand à la gare des marchandises de la Chapelle, dans les ateliers du chemin de fer du Nord et dans les vastes chantiers de la STCRP, dut effectuer, de 23h30 à 2h du matin, un des plus violents bombardements que Paris eut à subir. La rue des Poissonniers n’est plus à son extrémité qu’un chemin défoncé. Sur le seul parcours de notre rue et dans les petites rues adjacentes, il y eut 150 morts, 500 blessés et plus de 2000 sinistrés. Dans l’ensemble du dix-huitième arrondissement, le bureau compétent nous a signalé 15.000 personnes sinistrées. »

Pour revenir sur une note plus légère, voici quelques plaques atypiques.

LES SŒURS BOULANGER

Pourquoi, parmi les centaines de plaques sur lesquelles mon regard a glissé, ai-je décidé de photographier celle-ci ? Sans doute parce qu’elle m’intriguait : ces musiciennes qui naissent à 6 années d’intervalle, dont l’une meurt à 24 ans et l’autre à 92 ans.

Internet m’a renseigné sur cette émouvante histoire : Nadia BOULANGER nous dit sa biographie, fut «  pianiste, organiste, chef de chœur, chef d’orchestre et compositrice. »

Elle fut pendant 70 ans professeur de composition musicale, formant de grands artistes. Quand sa sœur, Lili, meurt en 1918 à l’âge de vingt-quatre ans, Nadia déclare qu’elle ne composera plus jamais et commence à se consacrer à la direction musicale, à la diffusion de l’oeuvre de sa sœur.

CONNAISSIEZ-VOUS CHIQUITO DE CAMBO qui a, non seulement sa plaque, mais un stade à son nom dans le 16ème arrondissement ? Joueur légendaire de pelote basque, son vrai nom était B.J. APESTEGUY.

Impasse FLORIMONT

Comme tous les amoureux de Brassens, je connaissais l’épisode de l’impasse FLORIMONT où le chanteur a résidé jusqu’en 1966, dans une sorte de ménage à trois, avec Jeanne et Marcel.

Mais je n’avais jamais vu cette voie parisienne. Si je n’ai pas été surpris d’y trouver une plaque commémorative concernant le grand Georges, j’ai trouvé étonnant que ce lieu ait vu naître également son inséparable contrebassiste Pierre NICOLAS.

Où l’on apprend que BRANLY n’était pas seulement un grand inventeur, mais aussi un bon paroissien !

Ce qui m’a le plus marqué, au fil de mes randonnées parisiennes, c’est l’omniprésence des plaques mémorielles sur les murs des écoles primaires. C’est partout, le rappel des rafles d’enfants juifs dans ces écoles.

Le travail de mémoire, ce n’est pas seulement l’hommage à ceux qui ont fait avancer la civilisation, c’est aussi le rappel des drames qui ont marqué notre Histoire.