Cimetières Parisiens

Le jour des morts, je cours, je vole
Je vais infatigablement
De nécropole en nécropole
De pierre tombale en monument
On m’entrevoit sous une couronne
D’immortelles à Champerret,
Un peu plus tard, c’est à Charonne
Qu’on m’aperçoit sous un cyprès.
G. Brassens – La ballade des cimetières

 

Mon but était d’arpenter l’ensemble des rues de PARIS, et non les allées des cimetières. J’ai pourtant cédé à la curiosité de pénétrer dans chacun de ceux que je longeais.
J’avais exploré autrefois les célèbres « Père Lachaise » et « Montparnasse », mais je n’imaginais pas qu’il y ait autant de lieux de repos éternel dans la capitale. Il convient de se rappeler que l’annexion, en 1860, de tout ou partie des communes limitrophes de l’ancien PARIS, a nécessairement entraîné la récupération des cimetières communaux .

Dans une métropole en perpétuelle effervescence, ces îlots de marbre et de verdure, ceints de murs, donnent au visiteur une impression de calme, même si le bruissement de la ville est encore audible. J’ai aussi pu constater que ces cimetières sont les seuls endroits vraiment propres de la capitale.
A tout seigneur, tout honneur : Le cimetière du Père LACHAISE, est parcouru, au même titre que le Louvre, par des guides professionnels et leur public, souvent passionné par l’avalanche d’anecdotes relatives aux pensionnaires permanents de l’établissement.

Le columbarium

L’imposant crématorium

 

Soyons francs : les tombes et monuments funéraires des personnalités reposant ici ne sont pas tous des modèles de bon goût. La grandiloquence et le style kitchissime prévalent souvent. Mais qu’importe : Le Père Lachaise, de tous temps, a été aux cimetières ce que « Voici » est à la presse : du « people » !
Les visiteurs ne sont pas tous des touristes amusés. La ferveur avec laquelle sont entretenues certaines tombes, prouve assez qu’indépendamment des familles et amis, certains pensionnaires ont un impressionnant fan-club.
Les grands événements historiques sont également très présents au Père Lachaise. Le « Mur des Fédérés » rappelle les massacres de la Commune. Mais les témoignages les plus terribles sont ceux évoquant les victimes des camps de concentration.

Je ne peux présenter ici que quelques échantillons de mon importante moisson photographique, simplement pour montrer l’incroyable différence de style d’une tombe à l’autre.

 

 

C’est bien ce qu’on pensait : le Parti Communiste français est donc mort…

Ah non, je n’avais pas tout lu !

 

 

Passons du comique volontaire au comique involontaire. Ah ! Mourir de plaisir !

 

J’aime beaucoup l’humour d’Arman qui a préparé lui-même cette épitaphe qui me rappelle le dialogue de Sacha Guitry et Yvonne Printemps : « Sur votre tombe on mettra pour épitaphe « enfin froide » Réponse de la dame : Et sur la vôtre, on mettra « enfin raide » .

 

 

MONTPARNASSE

Moi je n’implore qu’une grâce,
C’est qu’elle passe la morte-saison
Au cimetière du Montparnasse,
A quatre pas de ma maison.
(G. Brassens- La ballade des cimetières)

 

Voici l’autre rendez-vous incontournable pour retrouver des personnalités         « trop tôt » disparues. L’expression « trop tôt » ne concerne évidemment pas les héritiers…
Nettement plus sobre que le Père Lachaise, il offre néanmoins une intéressante variété d’hommages posthumes.

 

AUTRES CIMETIÈRES PARISIENS

 

Celui-ci, accolé à l’église, ressemble à un cimetière de village. Le quartier Charonne est d’ailleurs resté le village qu’il était autrefois.

Mais Montmartre a aussi un grand cimetière, le « Cimetière du Nord »

Intrigué par un monument récent mais qui semblait nécessiter une réparation, j’ai découvert ce bel hommage du peintre Mathieu (décédé en 2010) à son épouse (décédée en 2004).

 

BATIGNOLLES

 

MONTROUGE

 

 

GENTILLY

Un petit dernier avant de quitter le royaume des morts : le « Cimetière du Sud ».
Je n’aime pas les lieux publics désignés simplement par leur emplacement. Pourquoi ce cimetière « Sud » ?
Sans doute pour faire oublier qu’il s’appelait autrefois « cimetière de Saint Mandé » avant qu’une partie de la commune ne soit intégrée à Paris. A signaler que le cimetière de « Montrouge », lui, a fièrement gardé son nom, bien que situé maintenant dans le 14ème arrondissement.