Hôtels

En quoi l’hôtellerie parisienne peut-elle prétendre se distinguer de celle des régions françaises ? Sans doute par le nombre important de ses palaces et autres hôtels de luxe. Mais pour moi, piéton à Paris – et ancien provincial – une autre particularité est apparue.

Je me suis souvenu de l’époque où je passais une ou deux nuits dans un poussiéreux « hôtel de préfecture » (c’était ainsi qu’étaient appelés alors les établissements n’ayant pas d’étoile). J’avais le souci, comme beaucoup de voyageurs occasionnels, de ne pas dépenser plus que ce qui me serait remboursé par mon employeur.

Et puis, au fil des années, nous avons vu apparaître les hôtels de chaîne à bas prix, impersonnels mais propres, qui ont fait disparaître les « hôtels-bureaux » des centres-villes.

A Paris, cependant, les FORMULE 1 et autres hôtels discount sont cantonnés souvent au-delà du boulevard périphérique. Et demeurent au contraire dans la capitale, tous ces hôtels populaires qui ajoutent au charme de Paris.

Chacun a en tête le célèbre « Hôtel du Nord », devenu  aujourd’hui  un simple restaurant.

Eh bien, des hôtels semblables, j’en ai trouvé en nombre, dans toute la capitale, et même de beaucoup plus pittoresques. En voici quelques-uns :

Ce que j’apprécie le plus, ce sont ces plaques indiquant tous les ingrédients du confort « moderne » !

On voit apparaître parfois des hôtels qui ciblent une clientèle touristique particulière :

Mon approche extérieure est forcément superficielle mais m’a amené à me poser quelques questions. Qui fréquente ces hôtels populaires ? En est-il qui soient des « marchands de sommeil » pour immigrés sans papiers ? Existe-t-il encore beaucoup d’hôtels « de passe » ? Il semblerait que la prostitution d’aujourd’hui ait souvent d’autres lieux d’accueil.

En tous cas, les hôtels restent le lieu idéal pour les couples illégaux. Et d’après mes informations, il ne manque pas d’établissements pour accepter de facturer une chambre à l’heure !

Lorsqu’on lit des romans des siècles passés, on constate que beaucoup de gens, souvent pauvres, vivaient de façon permanente à l’hôtel qui, de fait, ressemblait parfois à une pension de famille.

C’est d’ailleurs cette vie quotidienne qui est reconstituée dans le roman trop méconnu « Hôtel du Nord » d’Eugène DABIT. (le film célèbre lui est totalement infidèle). Je ne pense pas que cette pratique du domicile-hôtel existe encore beaucoup de nos jours.

Pour les touristes, PARIS, après ses monuments et ses boutiques de luxe, offre le spectacle de ses palaces qui, tour à tour, se sont offert des cures de rajeunissement. Pendant mon périple, c’était le Crillon qui était en réfection..

J’appartiens à cette catégorie de gens de condition modeste, à qui ne venait pas à l’idée de pénétrer dans un hôtel de luxe par simple curiosité. C’est regrettable, car aller boire un verre au bar, ou même s’asseoir dans un hall confortable permet d’apprécier la beauté des lieux. A moins d’être habillé en clochard, il y a peu de chance que vous attiriez l’attention du personnel.

J’ai eu le grand plaisir d’être accueilli à l’Hôtel de Crillon à deux reprises, pour des raisons professionnelles : d’abord en salle de réception où j’ai dégusté une coupe de champagne en écoutant une harpiste. La seconde fois, dans les immenses cuisines en sous-sol. Du coup, je me suis un peu enhardi, et depuis, à Cannes comme à Nice, je n’hésite plus à découvrir l’accueil des palaces !

Je referme cette parenthèse puisque mon approche de PARIS se doit de rester extérieure. Voici donc quelques-uns des beaux établissements de la capitale :
Le Crillon d’abord, que j’avais photographié quelques années avant ses travaux

L’hôtel Peninsula, dans le 16ème arrondissement.

L’Ambassador, Boulevard Haussmann

Le Claridge, rue François 1er

L’hôtel Georges V, sur l’avenue éponyme

Plazza Athénée, Avenue Montaigne

L’hôtel Scribe, à l’angle du Boulevard des Capucines et de la rue Scribe.

Le Westminster, rue de la Paix

Le Bristol, rue du Faubourg Saint Honoré

Entrée de l’hôtel St James, Avenue Bugeaud, 16ème arrondissement.

Tous ces grands hôtels appartiennent à un patrimoine immobilier historique, qui leur confère une valeur particulière. Ce n’est pas le cas d’autres établissements plus récents.

Celui-ci rappelle les hôtels russes de la grande période soviétique !

Entre les hôtels populaires et les hôtels haut de gamme, on trouve à PARIS un grand nombre de petits hôtels « de charme », dont la petite taille ne doit pas faire oublier le confort et parfois même le luxe.

Un nom prometteur…

Il n’y eut pas que les pauvres gens pour prendre pension à l’hôtel. Les artistes et écrivains ont souvent séjourné longtemps dans d’excellents hôtels. Celui d’Oscar Wilde n’était pas très brillant, mais cela ne l’empêcha pas de proclamer sur son lit de mort (et d’hôtel) : « Je meurs au-dessus de mes moyens ».

Terminons par un magnifique bâtiment qui m’a fait m’interroger sur sa vraie nature : était-ce un hôtel ou un hôtel particulier ?

L’hôtel Salomon de Rothschild est bien un hôtel particulier, mais largement proposé à un public fortuné, puisqu’il fait office de restaurant et accueille quelques prestigieuses manifestations. N’empêche : on y logerait volontiers, d’autant que le quartier est champêtre.

Toutes ces photos « de façade » ne rendent pas nécessairement justice aux différents établissements hôteliers. Les amateurs de curiosités ne manqueront pas, en consultant les guides branchés, de découvrir des intérieurs étonnants : capsules spatiales, imitations d’igloos, chambres à ambiance et décoration érotiques (Love Hôtel). Peut-être pour moi un nouveau sujet de reportage !