Lieux de Culte

Évoquer les lieux de culte à PARIS, c’est parler d’abord des églises qui, ajoutées aux bâtiments des communautés religieuses, constituent une emprise immobilière assez importante dans la cité.

La baisse importante de la pratique religieuse en France n’empêche pas, dans la capitale, une fréquentation encore respectable de ces lieux de prière et de recueillement. Je pourrais ajouter aussi : de tourisme, pour tous les curieux d’art sacré.

On pense évidemment à Notre-Dame de PARIS, à la Sainte Chapelle, ou au Sacré-Cœur de Montmartre qui attirent en permanence des foules de visiteurs.

Mais ce ne sont pas, loin de là, les seuls monuments religieux qui présentent un intérêt artistique.

J’ai toujours, au cours de mes voyages en France et dans le Monde, visité châteaux et églises, avec une préférence marquée pour les églises, qui sont, pour la plupart, des musées gratuits !

Mes répertoires photographiques personnels sont remplis de clichés de vitraux, de retables, d’autels, de chaires…et même de confessionnaux.

Mais mon reportage parisien avait pour limites ce qu’un piéton voit depuis la rue. Je dois le « confesser », j’ai tout de même profité des occasions qui m’étaient offertes, pour visiter toutes les églises parisiennes…ouvertes.

J’ai été agréablement surpris par le grand nombre de celles qui, en dehors même des heures d’offices, accueillent le public.

Je n’ai pas toujours cette chance dans nos charmants villages, où les problèmes de sécurité des œuvres n’offrent pas cette possibilité. J’ai toutefois observé un détail amusant : je n’ai pu entrer dans un certain nombre d’églises parisiennes qui, comme les petits commerces, sont fermées le Lundi !

Lorsque j’ai regroupé toutes les églises catholiques dont j’avais photographié l’extérieur, j’ai été impressionné par leur nombre. J’en ai compté 140, mais il n’est pas impossible que j’en ai oublié quelques-unes, car il s’en trouve parfois, comme les anciennes catacombes chrétiennes, en sous-sol des quartiers populaires !

Ci-dessous, en sous-sol, « ND du Bon Pasteur », rue de Charonne

 

Eglise anglicane (également en sous-sol), Avenue Hoche

Saint Martin de Porrès Rue Jacques Ibert

Notre-Dame de la Confiance, rue de Saussure.

Si l’on oublie ND de PARIS et la Sainte Chapelle qui sont des joyaux architecturaux, si l’on oublie aussi le Sacré-Cœur, ce chef d’oeuvre du kitsch, que dire de tous ces édifices religieux parsemant la capitale ?

L’amateur d’art roman ou gothique trouvera bien sûr quelques églises dignes de compléter les romanes poitevines ou les gothiques bourguignonnes.

Mais, en toute honnêteté, je n’ai pas été très sensible à l’esthétique de ces églises, d’époques et de styles très divers. Beaucoup d’entre elles mériteraient un toilettage qui les mettrait un peu plus en valeur. Elles sont aussi, il faut le dire, souvent écrasées par leur environnement, coincées entre deux immeubles.

 

On pourrait presque passer à côté de Saint-Louis-en-l ’île sans la voir !

Combien d’années de séminaire faut-il à un religieux pour connaître tous les saints ayant donné leur nom à des églises ? Malgré l’incroyable liste de prénoms utilisés pour identifier une église, afin d’éviter toute confusion, est souvent ajoutée l’indication du quartier. Ce qui donne un côté titi parisien à Ste Marie des Batignolles ou St Jean de Montmartre !

Quant à « Notre-Dame », elle ne compte pas moins de 30 églises à son nom, celui-ci étant accompagné des qualificatifs les plus divers : de la Compassion, de la Sagesse, de la Confiance, de la Consolation, de la Nativité. Mais elle est surtout associée, comme les saints, au quartier où elle est implantée. Du coup, Notre-Dame des Batignolles nous fait irrésistiblement penser…à Sœur Marie-Thérèse des Batignolles, pittoresque héroïne de BD !

Quoi qu’il en soit, nous sommes priés (!) de ne pas confondre Notre Dame de l’Assomption de PASSY avec Notre Dame de l’Assomption des Buttes Chaumont ! Il m’est difficile, dans la masse de ces photos d’églises si diverses, de dégager des tendances. Essayons tout de même d’en sortir quelques-unes du lot.

Le passant ne manquera pas de trouver, dans le quartier de Charonne, un aspect village, grâce à cette église du 12ème siècle, derrière laquelle subsiste le cimetière local, une rareté qu’elle partage avec St Jean de Montmartre.

La construction à étapes, au 16ème siècle de St Etienne du Mont donne à ce grand édifice un aspect un peu hétéroclite. L’église se distingue par le fait qu’elle est seule à Paris, à posséder un – magnifique – jubé. Elle abrite aussi les restes de Sainte Geneviève.

L’église de la Madeleine est une autre curiosité : elle ressemble plus à un temple grec qu’à une église et semble répondre à son bâtiment jumeau, de l’autre côté de la Seine : l’Assemblée Nationale.

Quand on évoque les « Invalides », on évoque l’hôtel des Invalides, créé par Louis XIV pour tous les blessés de guerre. Mais le fleuron de cet ensemble est bien sûr la Cathédrale Saint-Louis des Invalides.

L’église Sainte Clotilde, de style gothique, n’a été construite qu’au 19ème siècle (et terminée un an avant la Tour Eiffel !). Ce style revenait en effet à la mode à cette époque, sous l’impulsion de Viollet le Duc et de Victor Hugo.

 

Saint Augustin a été la première église à utiliser une armature métallique, conçue par Baltard. Au carrefour des Boulevards Haussmann et Malesherbes, elle a la réputation de beaucoup souffrir du bruit de la circulation.

St Eustache, et ses célèbres orgues, reproduit le plan de ND de PARIS, mais sa construction, étagée sur un siècle, ajoute un peu de Renaissance au gothique.

Saint Roch, de style typiquement 17ème siècle, est la paroisse des artistes. Diderot, Fragonard et de nombreux artistes y sont inhumés. C’est là que sont célébrées, de nos jours, les obsèques de nos artistes les plus populaires.

ND de Bonne Nouvelle bénéficie d’un baptistère-piscine qui permet d’y réaliser des baptêmes par immersion.

Grâce à Juliette GRECO, je connaissais bien la rue des Blancs Manteaux, celle dans laquelle « le bourreau s’est levé tôt ». J’ai donc cru que ND des Blancs Manteaux avait annexé le nom de la rue. Il n’en est rien : c’était le nom (et le costume) de l’ordre des Servites qui s’installa dans ce quartier au 13ème siècle.

Autre témoin de l’Histoire : Saint Germain des Prés. Pas seulement de l’Histoire du jazz, mais celle de la prestigieuse abbaye du 6ème siècle, dont l’église est le dernier témoin.

 

ND des Champs n’a guère plus d’un siècle. Sa charpente métallique fut conçue par Eiffel.

Les deux églises qui m’ont le plus étonné sont Notre Dame du Travail et St Jean de Montmartre.

La première est remarquable par l’utilisation d’une armature métallique et d’une charpente en poutrelles apparentes.

Elle fut bâtie pour les très nombreux ouvriers logeant dans le 14e arrondissement qui avaient la charge de monter les expositions universelles de Paris du début du XXe siècle : elle rend hommage à la condition ouvrière et au sens du mot « Travail ».

Exceptionnellement, un coup d’oeil à l’intérieur, pour découvrir cette armature métallique !

 

Quant à St Jean de Montmartre, c’est la première église construite en ciment armé (1894-1904), dont le style est fortement inspiré de l’Art Nouveau.

Avant d’évoquer les autres cultes et leurs édifices, voici un aperçu de quelques églises ayant un aspect un peu original.

D’abord, la curieuse « chapelle expiatoire » en hommage à Louis XVI et Marie-Antoinette.

St Jean Bosco

ND de la Sagesse

ND de l’Arche d’Alliance

Celle-ci n’est pas seulement moderne par son architecture ; elle l’est aussi par le style de son équipe liturgique, si l’on en croit l’affiche ci-dessous :

Notre Dame des Victoires

Saint Ambroise

St Michel des Batignolles, coincé en fond de rue !

La même, vue de plus près.

Saint Sulpice

Trinité d’Estienne d’Orves

Une curiosité dans le 13ème arrondissement : une église pour les chrétiens chinois.

AUTRES CULTES

Les amateurs de casse-têtes sont invités à se pencher sur l’histoire des schismes succédant depuis 20 siècles à différents conciles conflictuels ! Je me suis contenté de constater qu’à PARIS, des églises apparemment semblables à leurs consœurs, s’en distinguent par leur appellation et par leurs rites.

C’est ainsi que j’ai pu lister : l’anglicanisme, l’adventisme du septième jour, l’Eglise apostolique arménienne, l’Eglise orthodoxe (où ne se mélangent pas grecs, serbes, roumains ou russes qui ont des églises dédiées !), les Eglises réformées (avec, là encore, beaucoup de variantes).

Habitué, par des habitudes prises depuis l’enfance, à entrer dans une église catholique comme chez moi, je reste un peu intimidé par ces lieux de culte pourtant peu différents et sans doute aussi accueillants.

Dans le cadre de mon reportage, j’ai toutefois « osé » pénétrer dans l’Eglise Américaine du Quai d’Orsay. Sous son aspect actuel, elle date de 1931 et propose une très belle iconographie, rare pour une Eglise réformée.

Si elle est plus particulièrement fréquentée par des anglo-saxons, elle présente l’originalité d’être œcuménique, car gérée par une Association interconfessionnelle.

J’avais eu aussi le plaisir d’assister à un mariage, il y a quelques années, à l’église orthodoxe roumaine de la rue Jean de Beauvais.

Ces églises orthodoxes ne donnent extérieurement qu’un faible aperçu de la richesse de leur décoration. Nous devrons nous en contenter en regardant quelques-unes de celles que j’ai longées à PARIS.

Ma préférée c’est Saint Serge, cachée au fond d’une allée du 19ème arrondissement. Elle est tellement isolée dans ce coin de verdure, qu’on croirait entrer dans un village russe.

L’Archevêché orthodoxe grec, rue Georges Bizet, nettement plus austère.

Eglise Arménienne, rue Jean Goujon.

Je n’ai pas de chance. Quand j’ai voulu récemment photographier la très belle Cathédrale russe de Nice, elle était entièrement bâchée pour travaux. A Paris, ce n’est guère mieux avec la Cathédrale Nevski, rue Pierre le Grand, également en réfection.

Mais les orthodoxes russes disposent désormais de la toute neuve Cathédrale de la Trinité, qui s’affiche près du Pont de l’Alma. Inspirée de la Cathédrale de la Dormition, au Kremlin, elle a beaucoup de détracteurs, qui l’appellent la « Cathédrale Poutine » bien que celui-ci ait finalement annulé sa venue à l’inauguration.

Les fidèles de la Cathédrale Nevski (patriarcat de Constantinople) jugent le patriarcat de Moscou « nationaliste » et « conservateur ».

Cette nouvelle Cathédrale, je l’ai d’abord photographiée depuis la Tour Eiffel.

Puis au niveau du sol.

Après toutes ces belles réalisations architecturales, les Eglises réformées, elles, offrent des aspects très différents les unes des autres. Certaines ressemblent extérieurement à de belles églises catholiques, alors que certains temples affichent une grande austérité.

Eglise protestante rue de l’Ouest

Eglise Réformée, Avenue de la Grande Armée

Rue Pierre Nicole

Temple du Saint Esprit, rue Roquépine

Temple des Batignolles

Temple de Béthanie, rue des Pyrénées

Temple de Pentemont, Rue de Grenelle

Sainte Marie, rue Saint Antoine

Rue Dulong, Paroisse Luthérienne

Eglise évangélique allemande, rue Blanche

Eglise suédoise, rue Médéric

Rue d’Ulm, une église maronite.

Eglise Biblique Baptiste, rue André Gide.

SYNAGOGUES

Vingt-cinq synagogues sont réparties dans Paris. J’ai visité plusieurs grandes synagogues dans des capitales étrangères.

Je n’ai pas tenté de le faire à PARIS. Le contexte actuel est un peu décourageant à cet égard, car elles sont parmi les édifices les plus surveillés à l’heure actuelle.

Leur architecture et leur décor extérieur sont en général austères. En voici quelques-unes, à commencer par la Grande Synagogue de PARIS.

Rue Montevideo

Rue des Tournelles

Rue Buffaut. (rite portugais)

Rue Sainte Isaure

LES MOSQUÉES

Si les musulmans sont nombreux à PARIS, curieusement, je n’ai vu que très peu de mosquées vraiment visibles pour le passant. En me renseignant, j’apprends qu’il y en a 23 dans la capitale.

Je me souviens, certains jours, avoir rencontré des groupes attendant devant ce qui me paraissait des locaux associatifs : je suis donc passé, à mon insu, à côté du sujet.

En revanche, j’ai beaucoup apprécié ma visite de la Grande Mosquée, qui rappelle les plus belles mosquées du Maghreb.

BOUDDHISME

Il existe un Centre Bouddhiste dans le 9ème arrondissement, rue Condorcet. On ne peut pas parler pour autant de lieu de culte, mais plutôt de centre d’enseignement.

HINDOUISME

J’ai trouvé rue Pajol, dans le 18ème arrondissement, ce qui semble être le seul temple hindouiste de PARIS.

Je pourrais, bien entendu, évoquer aussi quelques cultes sectaires. Mais leurs lieux de rencontre sont souvent très discrets, et se limitent pour le passant, à une plaque de cuivre apposée auprès d’une porte sur rue.

PARIS offre ainsi un très grand choix à ses résidents et aux touristes, quant à la pratique religieuse. Mais c’est également, pour les agnostiques, l’occasion de découvrir de belles pages de l’histoire de l’architecture et de l’art religieux.

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